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        CUSTER

LA VÉRITÉ SUR LES GUERRES INDIENNES DES PLAINES DE L'AMÉRIQUE DU NORD

Recommandé par France-Inter "2000 ANS D'HISTOIRE" (voir l'interview complète)

 

la couverture

le dos du livre

l'interview complète de l'auteur sur France-Inter, le 18 mai 2005

Custer : La vérité sur les guerres indiennes...

Le 25 juin 1876, les Indiens exterminent à Little Big Horn le 7ème régiment de cavalerie de George Amstrong Custer, héros de la guerre de Sécession. Il n'y a pas de survivants. Tous les cadavres sont mutilés. L'Amérique perd son héros, elle est en deuil.
Depuis, Custer a déchaîné les passions. Considéré comme un héros national jusque dans les années 1950, il est insidieusement devenu le symbole du colonialisme honni, une brute raciste, voire un criminel pour
ses plus farouches détracteurs. On passera de la charge fantastique au châtiment mérité.
Ce livre, issu d'un long travail de recherches, fait toute la lumière sur les guerres qui ont ensanglanté les plaines dans les années 1860. Il montre, sans parti pris, les terribles confrontations entre les Sioux et les nouveaux arrivants. Respecté par ses adversaires, Crazy Horse, Sitting Bull ou Red Cloud, Custer se battit rudement pour sécuriser la piste et protéger les familles des émigrants. Loin des salons mondains, des cercles politiques et des intellectuels en chaise longue, il combattit sans faiblir une guérilla atroce jusqu'au sacrifice suprême.

                   
« Je n'ai pas l'habitude de dire des mensonges à propos d'hommes qui sont morts. Les hommes de Longs Cheveux faisaient partie des plus braves que j'ai jamais combattus.» Sitting Bull, après Little Big Horn.
« Longs Cheveux (Custer) était un homme brave et juste. Son nom reste à jamais gravé dans nos mémoires. » Fire Bird, indien Cheyenne.
                        
AUTEUR : Journaliste (Le nouveau journal, l'Express, le Chasseur français) et écrivain, Eric Joly a publié de nombreux ouvrages sur des sujets divers touchant aussi bien la nature, l'environnement, l'économie ou la politique.

EDITIONS : France-Empire

PRIX : 19 euros  
PAGINATION : 200 pages + cahier photos  
DEJA DISPONIBLE

Custer : La vérité sur les guerres indiennes...

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L'avis du site : Jamais on n'a lu, en français ou en anglais, un livre aussi passionnant, qui nous fait littéralement marcher aux côtés des Indiens et des soldats de Custer.

 La Dernière Bataille de Custer

 

2000 ANS D'HISTOIRE, émission de

FRANCE-INTER, 18 mai 2005

 

Patrice Gélinet (présentateur) : Bonjour à tous, aujourd’hui l’une des plus célèbres figures les plus célèbres de la Conquête de l’Ouest, le général Custer.

Quand ils sont arrivés sur les lieux de la bataille, quelque part au pied des Montagnes Rocheuses, les soldats du capitaine Benteen ne trouvèrent qu’un seul survivant, un cheval du 7e régiment de cavalerie. Trois jours plus tôt, le 25 juin 1876, les Sioux et les Cheyennes de Sitting Bull et de Crazy Horse Horseavaient infligé à l’armée américaine l’une des défaits les plus humiliantes de son histoire. Parmi les 260 cadavres mutilés qui gisaient dans la vallée de la Little Bighorn se trouvait celui de leur chef, un général dont tous les amateurs de western connaissent le nom : George Armstrong Custer. Longtemps considéré comme un héros national, Custer est devenu aujourd’hui l’incarnation du soldat borné, brutal et raciste, obéissant scrupuleusement aux ordres qui lui avaient été donnés lorsqu’en 1868, le général Sheridan lui avait demandé de pacifier les Grandes Plaines de l’Ouest américain.

 

Eric Joly, bonjour.

 

Eric Joly (auteur de Custer, la vérité sur les guerres indiennes des grandes plaines d’Amérique du Nord) : Bonjour.

 

PG : Alors, c’était le commandant en chef des forces américaines contre les Indiens, le général Sheridan s’adressant à un soldat dont le nom est resté dans l’Histoire assez curieusement non pas grâce à une victoire, mais à cause d’une défaite, la défaite de Little Bighorn. Le général Custer qui a, aujourd’hui, la réputation d’avoir été un soldat, je le disais, incompétent, stupide, borné, brutal et même raciste, or, dans la biographie, qui est, je crois, la première en Europe écrite sur lui, dans la biographie que vous lui avez consacré, publiée chez France-Empire, vous dites qu’il était sans doute l’un des soldats les plus brillants de l’histoire des Etats-Unis.

 

EJ : Oui. Je crois qu’on ne peut pas comprendre le général Custer si l’on ne sait pas que c’est d’abord un cavalier. Et un cavalier est un homme qui est fait pour charger. Or ses titres de gloire, le général les a obtenus très vite en chargeant, précisément au cours de la guerre de Sécession. Il faut rappeler  qu’il se battait du côté des Nordistes et pas des Sudistes, comme on le sait, ils se battaient contre l’esclavage. Par conséquent on voit déjà que les accusations de racisme commencent à se dissiper. C’était un homme extrêmement courageux qui a eu la chance, le charisme aussi, d’avoir remporté tous ses combats avec des charges absolument rocambolesques. Si bien qu’il était nommé général à l’âge de 23 ans, ce qui en fait le plus jeune général de l’armée des Etats-Unis de tous les temps. On n’a jamais vu un général à 23 ans…

 

PG : et peut-être dans le monde…

 

EJ : Et peut-être dans le monde. Quand il est arrivé après la guerre de Sécession dans ce combat tout à fait différent, il ne s’agissait plus de charges frontale, et qu’on lui a confié la responsabilité de pacifier les plaines, il est évident que pour cet homme qui était habitué à combattre un ennemi visible au cours de chocs terrifiants, c’était une autre guerre, il a fallu qu’il s’adapte.

 

PG : Ce n’était pas un intellectuel, apparemment. Il est né en 1839 dans l’Ohio, il a eu une éducation militaire très tôt, il rentre à West Point, où il se fait remarquer plus par ses penchants pour l’alcool que pour la stratégie, et il sort de West Point 34e sur 34.

 

EJ : Il faut quand même être un peu raisonnable. Quand on dit qu’il n’est pas très cultivé, je ne suis pas d’accord, j’ai écrit que c’était un homme qui passait son temps, au contraire, à lire. C’était un homme qui adorait la lecture. C’est une chose. Ensuite, qu’il ait un peu levé le coude pendant ses années d’école, il faut penser que c’était presque un adolescent qui a dû des potacheries, des chahuts… Qu’il soit sorti 34e sur 34, c’est possible, mais il ne faut pas oublier qu’il y était entré quand même, que quand on entre dans une école comme West Point…

 

PG : C’est le St-Cyr américain.

 

EJ : Oui. Il ne faut pas oublier que le président Grant est aussi considéré comme l’un des cancres de l’école, et la vie nous apprend que ce ne sont pas toujours les premiers sortis de l’école qui deviennent après les plus brillants.

 

PG : Il se fait remarquer pendant la guerre de Sécession, vous l’avez dit, Eric Joly, par un autre héros de la guerre de Sécession, le général Sheridan. Après la victoire sur les Sudistes, il confie à Custer le commandement d’un régiment, le 7e de cavalerie avec lequel Custer va s’illustrer contre d’autres adversaires que les Sudistes, les Indiens.

C’est donc Custer qui prend le commandement du 7e de cavalerie, avec lequel il va se rendre célèbre, avec un grade inférieur avec que celui qu’il avait pendant la guerre de Sécession. En fait, il redevient colonel.

 

EJ : C’était une mesure qui n’était pas du tout disciplinaire et qui était appliquée à de très nombreux officiers parce qu’on a trouvé que les grades avaient été peut-être attribués un peu à la hausse. Donc on s’est dit «On va vous rétrogradé d’une barrette» et il est devenu colonel au lieu de général, mais il était quand même très jeune, l’un des colonels les plus jeunes de l’histoire des Etats-Unis. Pendant toute la guerre indienne, il était effectivement colonel.

 

PG : Les guerres indiennes avaient, en fait, commencé avant même la guerre de Sécession, c’est évidemment le problème de l’arrivée des colons dans les Grandes Plaines de l’Ouest où vivent essentiellement les Sioux, les Cheyennes et beaucoup d’autres tribus, mais ce sont les deux  principales, les deux  plus importantes. Alors qu’est-ce qui c’est passé ?

 

EJ : C’est très simple. Il y avait des millions de colons qui débarquaient aux Etats-Unis. Ces colons venaient de tous les pays d’Europe et même de Russie, de Chine et du Japon. C’est une masse phénoménale de gens qui ont débarqué sur la côte est. Qu’est-ce qui se passe sur la côte est ? C’est très simple. Il y a des gens qui sont déjà solidement installés. Les arrivants n’ont pas du tout envie de venir concurrencer les colons qui sont déjà confortablement installés sur la côte est. On leur dit : «les amis, partez donc voir à l’Ouest si j’y suis, il y a des territoires immenses et vierges et on peut même vous donner de la terre il suffit d’entourer 80 hectares de quelques clôtures et la terre est à vous.» Vous pensez bien que ça leur fait plaisir. Ces millions de gens vont partir à l’Ouest dans des chariots, tirés par des mules ou des bœufs. Evidemment ils vont arriver dans des territoires hostiles qui sont habités par des Indiens et, en ce qui concerne mon livre puisque je n’ai pas étudié la guerre avec les Apaches, il s’agit principalement des Cheyennes et des Sioux dans les grandes plaines des Etats-Unis au nord, nord-ouest.   

 

PG : Ils n’acceptent pas cette arrivée de colons.

 

EJ : C’est évident. C’est comme si nous voyions débarqué demain des martiens, je dis bien des martiens parce que la culture occidentale n’a rien à voir avec la culture des Indiens. Ils ont le plus grand mal à assimiler le principe de fonctionnement de ces étrangers qui n’ont aucune de leurs valeurs. Les étrangers, les blancs, ont des valeurs du développement économique avec la prospérité, un certain culte de l’argent qui permet de faire fonctionner tout ça, les Indiens, eux, chassent, pêchent, écoutent les Esprits et dansent. Cela n’a absolument rien à voir.

 

PG : Et surtout, on détruit leur chasse, le bison… pour installer des bovins, pour nourrir les constructeurs des chemins de fer qui commencent à couvrir la prairie.      

 

EJ : Les conflits sont absolument inévitables. Les Indiens voient ça d’un très mauvais œil et le gouvernement américain va se dire que la seule manière de s’en tirer est la partition. «Nos cultures sont trop différentes pour pouvoir les assimiler. On va créer de grandes réserves, on va leur demander de rester là-dedans et en contrepartie on va les nourrir, leur apprendre l’agriculture, l’élevage, etc. Certains Indiens vont accepter, ils ne vont pas tous refuser. Le problème c’est qu’entre les Indiens qui acceptent cette carte-là, le jeu d’une certaine collaboration, et les rebelles qui vont tout faire pour refuser de se plier au canon de la culture occidentale, cela va créer un clash, il va y avoir des conflits sanglants…

 

PG : …Affreux… Des deux bords. Il y a des photos de gens qui se font massacrer des deux côtés, mais notamment du côté des colons, il y a eu les massacres, les scalps, on connaît tout ça… enlèvement de femmes, d’enfants, etc… dont évidemment des représailles dont une est confiée au colonel Custer à Washita, une bataille contre les Cheyennes, en 1868, dont la presse américaine a dit que ça avait été un massacre.

 

EJ : Là je ne suis pas d’accord du tout. En ce qui concerne les massacres, on peut parler de celui de 1862 qui est le grand massacre du Minnesota et qui était le fait d’un chef indien Little Crow, qui a quand même massacré 700 civils…

 

PG : …ils étaient quand même chez eux, ils voyaient débarquer des civils et des colons justement…

 

EJ : … oui d’accord mais de là à massacrer 700 personnes c’est peut-être un petit peu violent… A ce massacre assez gratuit, on a répondu de l’autre côté, avec le massacre du colonel Chivington à Sand Creek, qui a lui aussi massacré des Indiens, apparemment assez paisibles… Il faut que je vous explique quelque chose, c’est vraiment très important : toutes ces guerres indiennes sont fondées sur le jeu épouvantable des carnages et de la répression. A un carnage correspond une répression et à une répression correspond un nouveau carnage. On ne peut pas comprendre les guerres indiennes si l’on n’a pas compris cet engrenage absolument terrifiant.

 

PG : Washita est donc une guerre contre les Cheyennes, une bataille contre les Cheyennes menée par Custer, qui se fait tellement critiquer pour la violence avec laquelle la répression a eu lieu, une centaine de morts, y compris vous le dites vous-mêmes quelques civils que Custer est un peu fatigué par cette armée qui le critique. On l’avait déjà accusé d’ailleurs d’être brutal avec des déserteurs et il a été suspendu pendant un an de l’armée américaine sans grade et sans solde.

 

EJ : Deux mots sur Washita quand même. C’était une véritable bataille, ce n’était pas le massacre d’Indiens innocents. Il y avait une quantité de guerriers réfugiés à Washita, c’était une bataille qui a duré quand même toute un après-midi. Ce n’est pas du tout un massacre. C’était une véritable bataille, il n’y a pas eu beaucoup de victimes civiles. Il y a eu 120 ou 130 guerriers qui ont été tués.

 

PG : Il faut savoir que Custer demandait justement à ses soldats de ne pas toucher aux femmes et aux enfants.

 

EJ : Evidemment ! Custer a été élevé d’une manière extrêmement stricte par son père, dans une atmosphère de religion, des valeurs très précises, comment voulez-vous massacrer des femmes et des enfants, ça ne tient pas debout ! Ce n’est pas possible.

 

PG : Il se fait beaucoup critiquer par l’armée. Il y avait pas mal de jaloux. Avant la Washita, on l’avait même accusé de lâcheté ou même de brutalité vis-à-vis de déserteurs. Custer était consterné, il voulait même quitter l’armée. Il s’ennuie un peu entre Washita et la prochaine bataille qui sera Little Bighorn.  Il y a une scène extraordinaire, Eric Joly, où vous racontez comment il accueille le Grand Duc Alexis, le fils du tsar de Russie, pour aller chasser le bisons avec l’aide, d’ailleurs, de Bufallo Bill.

 

EJ : Oui. C’est absolument étonnant. Cela se passe en 1872, et, effectivement, on arrête brusquement les hostilités. C’est étonnant, alors qu’on est en train de s’étriper depuis des années, on arrête brusquement les hostilités parce qu’il y a le Grand Duc Alexis qui vient, qu’il faut lui faire une grande fête et lui montrer comment on tue les bisons, comment on chasse. Ce qui est fabuleux, c’est que Sheridan achète les Indiens, leur dit «on va vous donner quelques chariots de vivres pour faire les figurants». On organise une fête gigantesque dans laquelle on voit les ennemis d’hier collaborer aux réjouissances pour que le Grand Duc puisse participer à une fête dans les Plaines. C’est tout à fait étonnant.

 

PG : On y trouve le général Custer qui s’ennuie un petit peu dans les Grandes Plaines quand, en 1873, on lui confie une autre campagne dans les Plaines, cette fois-ci contre les Sioux, qui refusent de se faire chasser d’une réserve dans les Black Hills où on avait trouvé de l’or. Evoquons les droits des Indiens qui, à cette époque-là, nous sommes en 1873, sont effectivement bafoués par les Etats-Unis à un endroit bien précis, tout près de là où va se dérouler la bataille de Little Bighorn, la réserve des Sioux dans les Black Hills. Cela leur avait été accordé en 1868 par un traité signé en bonne et due forme. Et, brusquement, ils sont alors dans cette réserve, où les Blancs, en principe, n’ont pas le droit d’entrer, pas plus les Indiens d’en sortir, et puis voilà qu’on trouve de l’or. Alors, évidemment, cela amène un afflux de colons qui sont à la recherche de l’or. Du coup, les Américains, le président des Etats-Unis à l’époque, le général Grant, veut renégocier le traité, ce que refusent les Indiens.

 

EJ : On leur demande effectivement, compte tenu des nouvelles circonstances, de renégocier le traité, et ils ne veulent pas parce qu’ils l’ont déjà renégocier un certain nombre de fois et ils pensent être relativement tranquilles dans leur réserve. Donc le gouvernement prend la décision de dire que tout Indien qui ne sera pas rentré dans la réserve avant telle date sera considéré comme «hostile» et c’est ce qui va finalement donner lieu à la tragique bataille de Little Bighorn parce que vous avez plusieurs milliers de guerriers qui refusent de rentrer dans la réserve.

 

PG : De rentrer ou d’en sortir ? Parce que c’est un peu confus. Les Black Hills sont la réserve indienne et on trouve de l’or, et on veut les en chasser, c’est ça ?

 

EJ : Non, non, non. Les Black Hills sont aux confins de la réserve. C’est un lieu sacré pour les Indiens. C’est aux confins, pas dans la réserve. Il y en a qui estiment qu’à partir du moment où les soldats blancs viennent traîner dans des terres hantées par les dieux et les Esprits, ça ne va plus du tout. On leur avait dit que personne ne viendrait traîner par là et à partir du moment où on voit tous ces prospecteurs d’or qui traversent les Black Hills, eh bien, évidemment, vous avez un certain nombre d’Indiens qui  refusent, pas tous une fois de plus, vous en avez quand même qui restent dans la réserve, vous en avez beaucoup d’Indiens qui sont entre guillemets «pacifiés», et un certain nombre de «rebelles» on va dire, entre guillemets toujours, qui, eux, prennent le maquis et qui sont décidés à en découdre une fois pour toute.

 

PG : Ce qui est assez étonnant dans cette affaire c’est que l’on va évidemment envoyé le général Custer contre ces Indiens qui refusent de rentrer dans la réserve. Le général Custer, c’est assez surprenant, n’a pas du tout de mépris pour les Indiens et est même hostile au système des réserves je crois dites-vous Eric Joly.

 

EJ : Oui. Le général Custer a tellement traîné ses bottes dans les plaines à cette époque-là, il faut savoir que la vie dans les plaines est absolument abominable, on y grille pendant l’été et on y gèle pendant l’hiver, qu’il est Indiens lui-même. Une bonne part de lui-même est Indien. D’ailleurs les chefs indiens le respectent profondément, c’est un homme qui vit comme un Indien, il vit de rien, il a la vie des Indiens, et il respecte cette vie.

 

PG : Vous le citez justement : «Les Indiens ne sont pas des bêtes, nous ne pouvons les parquer dans une réserve. Si j’étais de leur peuple je préfèrerais la vie sauvage et libre plutôt que des réserves.»  C’est marrant alors que c’est lui qui est chargé en fait de les renvoyer dans les réserves.

 

EJ : Tout à fait, il est tiraillé entre son métier de soldat et la sympathie qu’il peut avoir pour ses adversaires. Il y a toujours eu un énorme respect entre Custer et ses ennemis. Les grands chefs indiens n’ont jamais manqué une occasion de rappeler le courage extraordinaire de leur adversaire. Il y avait un grand respect entre ces adversaires.

 

PG : Vous citez également Sitting Bull qui disait après la bataille de Little Bighorn : «Les hommes de Longs-Cheveux…- «Longs Cheveux» c’était le surnom que les Indiens donnaient à Custer - …faisaient partie des plus braves que j’ai jamais combattus.»

 

EJ : Absolument. Chez les Indiens ce qu’il faut bien comprendre c’est que la guerre fait partie de leur vie, c’est un élément fondamental. Par conséquent avant l’arrivée des Blancs il y avait sans cesse des guerres entre eux, et quand les Blancs sont arrivés ils ont combattu les Blancs. Evidemment ils n’étaient pas contents du tout de se voir déposséder de leur terre, mais, d’un autre côté, il y avait cette sorte de castagne gigantesque correspondait aussi à leur mode de vie.

 

PG : Une castagne dont l’apogée va se dérouler en 1876 lorsque le 17 mai de cette année Custer quitte le Fort Abraham Lincoln dans le Dakota en direction du lieu où les Indiens allaient lui infliger, infliger aux Américains aussi, l’une des défaites les plus humiliantes de leur histoire. Dans Little Big Man Custer est ridiculisé lorsqu’il charge, 6'000 Indiens je crois, avec seulement le tiers de ses propres effectifs, c’est-à-dire 200 hommes parce que c’est vrai qu’on a dit de Custer qu’il n’avait pas été très compétent dans cette bataille mais il avait très peu de forces, au total 600 homme dans son 7e de cavaleie et en plus il les avait divisés en trois avant d’aller chercher les Indiens Little Bighorn, qui est le nom d’un fleuve il faut le rappeler et pas d’une ville.

 

EJ : Il est arrivé donc sur les escarpements de la Little Bighorn et là il s’est rendu compte qu’il y avait pas mal d’Indiens. Combien, il ne le savait pas exactement mais une grosse force. Cela ne le gênait pas du tout. Rappelez-vous que pendant la guerre de Sécession, il avait déjà obtenu des victoires mirifiques en chargeant un adversaire dix fois supérieur en nombre. Cela ne le gênait pas beaucoup qu’il y ait beaucoup plus d’Indiens que ses troupes. Qu’a-t-il fait ? Il a divisé ses troupes en trois petits paquets, un premier paquet avec le capitaine Benteen, un second avec le major Reno puis lui-même a pris à droite de cet escarpement pour aller prendre les Indiens à revers. Donc on voit bien la situation : à gauche Benteen et Reno, à droite Custer de sorte à prendre le camp indien qui était en bas de l’escarpement en pince. Et puis les choses de se sont pas déroulées comme prévu…

 

PG : …Ses deux adjoints Reno et Benteen qui le détestent, c’est assez curieux, se font attaquer par les Indiens ce qu’il fait qu’ils ne pourront pas lui porter secours mais lui on ne sait jamais ce qu’il s’est passé très exactement avec lui. Autant chez Benteen et Reno, chez ses deux adjoints, il y a eu des survivants, dont les deux hommes que je viens de citer, en plus chez Custer il n’y en avait aucun. Il n’y avait qu’un cheval. Un seul cheval sur le champ de bataille. Qu’est-ce qui s’est passé en fait ?        

 

EJ : Il faut dire une petite chose : quand Custer a vu l’importance des troupes indiennes, il a envoyé immédiatement un messager à Benteen «revenez vite et amenez moi des munitions» et qu’en revenant Benteen est tombé sur Reno qui était lui au bord de l’effondrement, retranché dans une petite dépression, et que Benteen n’a pas jugé opportun de secourir Custer, il a préféré  rester avec Reno. Cela a engendré des polémiques sans fin : Benteen est un traître, un lâche, ou est-ce qu’il n’a fait uniquement que son devoir parce qu’il ne pouvait pas faire autrement que rester au secours de Reno ? Quand vous dites que l’on ne sait pas combien de temps a duré le combat de Custer, c’est tout à fait exact, parce qu’il n’y a pas eu de survivants. Mais les historiens s’accordent à penser que ça a été très bref, que le combat n’a pas duré plus d’une heure, et qu’il a été engloutis littéralement sous la horde des guerriers. Le combat a été finalement perdu extrêmement vite avec aucun survivant.

 

PG : On a retrouvé Custer et ses hommes que trois jours après. C’était une vision terrible.

 

EJ : Oui c’était une vision apocalyptique, quand Reno et Benteen sont arrivés sur le lieu du combat ils sont vu des espèces de rochers blancs, ils se demandaient ce que c’était que ces rochers. C’était les cadavres nus, parce que les Indiens les avaient déshabillés, lacérés et mutilés, qui pourrissaient au soleil et qui étaient blancs. Il y avait des milliers de ces espèces de faux rochers blancs à perte de vue. Ça a été effectivement un traumatisme épouvantable. C’était vraiment la seule fois où un régiment des Etats-Unis a pris une telle volée de part des gens que l’on considérait jusque là comme étant des «sauvages» qui n’étaient pas capables de résister à des troupes bien entraînées.

 

PG : Des traumatismes dans tous le pays évidemment, quand la nouvelle arrive à Washington, et Custer sera enterré à West Point près de New York, mais alors aussi une volonté de vengeance qui expliquera dans les années qui suivent des massacres d’Indiens, alors là de réels massacres d’Indiens, Wounded Knee en 1890, 14 ans après Little Bighorn, lorsque les derniers Sioux ont été massacrés à Wounded Knee, au fond à ce moment-là, à la fin du XIXème, Custer est encore un héros national pour les Américains mais très vite ça devient un personnage presque diabolisé. Vous vous dites le contraire, Eric Joly.

 

EJ : La polémique est très simple. On a reproché à Custer d’avoir tué des Indiens. C’est vrai. Il en a tué beaucoup. Dans une guerre, le propre d’un militaire c’est de tuer des ennemis, ce n’était pas un moine ! Il n’était pas payé pour ça. Il a fait son devoir, jusqu’au bout, jusqu’au sacrifice ultime. Je pense que c’est un officier qui mérite tout à fait de servir de symbole, aux Etats-Unis c’est quand même un sacré bonhomme.

 

PG : Merci Eric Joly je rappelle que vous êtes l’auteur de «Custer, la vérité sur les guerres indiennes des grande plaines d’Amérique du Nord» publié chez France-Empire.     

 

 

 Eric Joly

CUSTER

LA VÉRITÉ SUR LES GUERRES DES PLAINES D'AMÉRIQUE DU NORD

éditions FRANCE-EMPIRE

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